Réévaluation du marché des changes

Publié le par Auron

Selon un article du monde, la chute du dollar pourrait être entretenue par la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette théorie consiste à dire que si la Fed cesse de relever ses taux d'intérêt — et par conséquent d'accroître comme elle le faisait la différence de rémunération entre ses taux et ceux de la zone euro —, les capitaux ne seront plus attirés par les marchés américains. Dans ce cas, le dollar baisserait, ce qui profiterait à l'euro. Pour ceux qui ne voit pas pourquoi, petit rappel économique, la baisse du dollar entraînerai une perte de compétitivité de celui-ci, cela profiterai donc à l'€. Ce scénario revient fréquemment dans les documents de prévision des économistes pour l'année 2006. L'évolution des devises, au cours de la semaine qui s'est écoulée, a semblé donner raison à leur scénario : le dollar a perdu 1,70 % face à l'euro, finissant, vendredi 16 décembre, à 1,2013 dollar pour 1 euro. Ce ne sont pas les craintes concernant le financement de la balance courante qui ont fait trébucher la devise américaine : le déficit des comptes courants des Etats-Unis s'est réduit à 195,8 milliards de dollars au troisième trimestre (163 millions d'euros), contre 197,8 milliards de dollars au deuxième, selon les données publiées vendredi. Il s'agit en réalité de la dette publique contractée par les Etats-Unis ces dernières années. Du fait de la hausse des taux d'intérêts, les capitaux continuent d'affluer vers les Etats-Unis pour financer ce trou - puisque les placements deviennent plus attractifs aux Etats-Unis - au mois d'octobre, la balance des capitaux américaine, publiée jeudi, a enregistré un excédent record de 106,8 milliards de dollars.  Le retournement du dollar cette semaine est plutôt dû à un changement de discours de la Fed, qui a, mardi, une nouvelle fois relevé ses taux d'intérêt d'un quart de point, les portant à 4,25 %. Dans son communiqué, très attendu, elle a changé son message : la Fed indique qu'elle "répondra si nécessaire aux changements de perspectives économiques afin d'atteindre ces objectifs", et non plus qu'elle "croit que le caractère accommodant (c'est-à-dire stimulant pour l'économie) de la politique monétaire peut être retiré à un rythme qui devrait être mesuré", comme elle le mentionnait depuis plus d'un an et demi. Mais le fait est que nous sommes dans un contexte de mondialisation, par conséquent, la politique qu'adopte les Etats-Unis en ce moment a déjà des effets sur le politique monétaire de l'Europe. En effet la B.C.E. laisse entendre qu'elle pourrait stopper sa politique qui vise à augmenter systématiquement ses taux d'intérêts pour se permettre à l'avenir des hausses discrétionnaires des taux d'intérêt. Pour justifier une éventuelle hausse de l'euro en 2006, les scénarios de certains économistes s'appuient aussi sur l'hypothèse d'une poursuite de la hausse des taux de la Banque centrale européenne (B.C.E.). Car en effet, la hausse des taux d'intérêts pratiqués par la B.C.E. entraîne fatalement une hausse de l'€ puisque le refinancement des banques de second rang est plus difficile, par conséquent il pratique des taux d'intérêt plus élevés à leurs clients. Celle-ci étant davantage destinée à neutraliser la facilité d'endettement qu'avaient jusqu'à présent les agents économiques et qui accentuait les déséquilibres — notamment du marché de l'immobilier —, plus qu'à combattre la hausse des prix à la consommation. D'ailleurs, l'inflation dans la zone euro a été révisée en baisse par l'office européen des statistiques, Eurostat. Elle s'inscrit à 2,3 % en novembre — contre 2,4 % en première estimation —, après 2,5 % en octobre et un pic à 2,6 % en septembre. Pour terminer, précisons que ces politiques monétaires ont également eu un effet sur la Banque nationale Suisse qui a décidé de relever d'un quart de point ses taux directeurs.

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